Société
Générale.
Conception de Vision 360 — un outil interne de vision client unifiée pour les conseillers bancaires Société Générale, agrégeant en une seule interface l’ensemble du patrimoine, des alertes et des opportunités commerciales.
« Donner au conseiller ce que le client lui demande implicitement — être connu avant d’avoir à se présenter. Un outil qui transforme la donnée en relation. »
Les conseillers Société Générale jonglaient entre plusieurs systèmes d’information pour reconstituer une vision complète d’un client avant un rendez-vous — comptes, crédits, épargne, alertes, interactions passées, opportunités commerciales. L’information existait, mais était fragmentée, lente à accéder, difficile à lire en situation.
Mon approche s’est concentrée sur la conception d’une interface unique qui agrège l’ensemble du patrimoine client — profil, comptes courants, crédits, épargne, protection, KYC, risque, sécurité — avec les signaux d’action immédiate : alertes, demandes en cours, interactions récentes, opportunités commerciales ciblées.
L’objectif était de réduire le temps de préparation d’un conseiller à zéro — tout ce qu’il doit savoir, visible en un coup d’œil, dans une interface conçue pour la densité d’information sans sacrifier la lisibilité.
Trois points de friction
identifiés.
Un outil de vision 360° est par nature dense : comptes, crédits, épargne, alertes, opportunités, interactions. Le risque était de créer un tableau de bord illisible — trop d’information au même niveau, sans hiérarchie. La clarté ne venait pas de moins d’information, mais d’une meilleure organisation.
Un client particulier et un client banque privée n’ont pas les mêmes informations pertinentes, ni les mêmes logiques d’interaction. L’outil devait adapter sa lecture selon le profil sans multiplier les interfaces — un seul système, deux niveaux de lecture.
Un conseiller bancaire utilise son outil entre deux rendez-vous, en situation de stress commercial. L’interface devait être immédiatement lisible pour un expert — pas pris en main, mais reconnu — avec une hiérarchie d’information qui corresponde à l’ordre mental du conseiller, pas à la structure des systèmes sources.
Une démarche
en 4 temps.
Immersion auprès des conseillers en agence — observation des sessions de travail, cartographie des systèmes utilisés, identification des informations recherchées en priorité avant un rendez-vous. Analyse des flux d’information existants et des points de friction entre systèmes.
Définition de la hiérarchie d’information — ce qui doit être visible immédiatement, ce qui est accessible en un clic, ce qui est disponible à la demande. Structuration des blocs (profil, comptes, alertes, opportunités, interactions) selon les priorités réelles du conseiller en situation.
Conception de l’identité visuelle de l’outil, déclinaison sur les cas clients prioritaires (particulier, banque privée). Maquettes haute fidélité sur desktop 1024×768, prototypes interactifs couvrant les scénarios de consultation les plus fréquents.
Sessions de tests avec des conseillers représentatifs (particuliers et banque privée), mesure de la vitesse de lecture et de l’accès aux informations critiques, itérations basées sur les retours terrain. Validation finale avec les équipes produit et métier SG avant livraison.
La donnée transformée
en relation.
Vision 360 a permis à Société Générale de doter ses conseillers d’une interface unifiée qui remplace plusieurs systèmes d’information fragmentaires. L’ensemble du patrimoine client, des alertes et des opportunités commerciales est désormais accessible en un coup d’œil — dans l’ordre mental du conseiller, pas dans l’ordre des bases de données.
Au-delà du gain de temps, l’outil transforme la qualité de la relation conseiller-client : le conseiller arrive au rendez-vous préparé, informé, capable d’anticiper les besoins plutôt que de les découvrir en séance.
Ce que ce projet
a confirmé.
Un outil métier dense n’a pas besoin d’être simplifié — il a besoin d’être hiérarchisé. La réponse n’était pas moins d’information, c’était une meilleure organisation visuelle de l’information existante. La distinction entre ce qui est immédiatement visible et ce qui est accessible à la demande est la clé de la lisibilité.
Un conseiller bancaire n’a pas besoin d’être guidé — il a besoin de trouver immédiatement ce qu’il cherche. Concevoir pour un utilisateur expert, c’est concevoir pour la reconnaissance, pas pour la découverte. Chaque pixel compte quand le temps disponible se mesure en secondes.
Sur un outil qui agrège autant de sources, la vraie question n’est pas graphique — c’est : qu’est-ce qui doit apparaître en premier ? Cette décision d’architecture porte plus de valeur que n’importe quel choix visuel. Elle révèle ce que le métier considère comme prioritaire.
Dans un secteur bancaire en tension sur les talents, la qualité des outils internes est devenue un argument RH. Un conseiller qui travaille avec un outil fluide et lisible est un conseiller qui reste — et qui performe. Le design de l’outillage interne n’est pas un luxe : c’est un levier de compétitivité.